    {"id":30634,"date":"2026-02-05T09:40:00","date_gmt":"2026-02-05T14:40:00","guid":{"rendered":"\/?p=30634"},"modified":"2026-02-05T12:39:39","modified_gmt":"2026-02-05T17:39:39","slug":"la-sante-mentale-en-medecine-veterinaire-troisieme-partie-cultiver-lautocompassion-avec-le-dr-jen-brandt","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/uat.antechdiagnostics.com\/fr_ca\/2026\/02\/05\/mental-health-in-veterinary-medicine-part-three-cultivating-self-compassion-with-dr-jen-brandt\/","title":{"rendered":"La sant\u00e9 mentale en m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire, troisi\u00e8me partie\u00a0: Cultiver l\u2019autocompassion avec le Dr Jen Brandt"},"content":{"rendered":"<p>Il s&#039;agit du deuxi\u00e8me \u00e9pisode d&#039;une s\u00e9rie en trois parties sur la sant\u00e9 mentale en m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire du podcast Tails from the Lab, anim\u00e9 par Brad Ryan (MSC, DVM, MPH), v\u00e9t\u00e9rinaire principal des services professionnels chez Antech, en conversation avec Jen Brandt (LISW-S, PhD), directrice des initiatives de bien-\u00eatre des membres \u00e0 l&#039;AVMA. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet \u00e9pisode, les docteurs Brad et Jen parlent de l&#039;importance de cultiver la compassion dans sa relation avec soi-m\u00eame et expliquent pourquoi il est si important pour les professionnels v\u00e9t\u00e9rinaires d&#039;\u00eatre bienveillants envers eux-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<iframe allow=\"autoplay *; encrypted-media *; fullscreen *; clipboard-write\" frameborder=\"0\" height=\"175\" style=\"width:100%;max-width:660px;overflow:hidden;border-radius:10px;\" sandbox=\"allow-forms allow-popups allow-same-origin allow-scripts allow-storage-access-by-user-activation allow-top-navigation-by-user-activation\" src=\"https:\/\/embed.podcasts.apple.com\/us\/podcast\/talking-self-compassion-with-dr-jen-brandt\/id1672468285?i=1000736402994\"><\/iframe>\n\n\n\n<p><strong>Dr Brad Ryan<\/strong>: <em>Dans notre premier \u00e9pisode, nous avons abord\u00e9 le r\u00f4le essentiel de la d\u00e9finition de limites personnelles en mati\u00e8re de sant\u00e9 mentale. Aujourd&#039;hui, nous parlons d&#039;autocompassion.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Docteur Brandt, une chose que j&#039;ai apprise en assistant \u00e0 vos conf\u00e9rences ces derni\u00e8res ann\u00e9es, c&#039;est que je ne comprenais pas vraiment ce que signifie \u00ab\u00a0l&#039;autocompassion\u00a0\u00bb. Je pensais que cela consistait \u00e0 suivre un cours de yoga ou simplement \u00e0 me dire que je suis assez bien, assez intelligente et, bon sang, que les gens m&#039;appr\u00e9cient. Mais visiblement, ce n&#039;est pas exactement \u00e7a. Alors, commen\u00e7ons par l\u00e0. Qu&#039;est-ce que l&#039;autocompassion\u00a0?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Docteur Jen :<\/strong> L\u2019autocompassion consiste \u00e0 se traiter avec la m\u00eame bienveillance, la m\u00eame \u00e9quit\u00e9 et la m\u00eame douceur que l\u2019on accorderait \u00e0 un \u00eatre cher. C\u2019est \u00eatre respectueux envers soi-m\u00eame, sans se d\u00e9nigrer ni se blesser par des paroles blessantes.<br>Cela implique aussi de se rappeler que nous sommes humains. Nous faisons de notre mieux avec les connaissances, le soutien et les capacit\u00e9s dont nous disposons \u00e0 un moment donn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Brad :<\/strong> <em>En quoi l&#039;auto-compassion diff\u00e8re-t-elle de l&#039;auto-indulgence ou de l&#039;estime de soi bas\u00e9e sur la performance\u00a0? \u00c0 quoi ressemblent-elles et pourquoi est-il important de conna\u00eetre la diff\u00e9rence\u00a0?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Docteur Jen :<\/strong> L&#039;autocompassion, c&#039;est la relation que j&#039;entretiens avec moi-m\u00eame, surtout quand je suis d\u00e9\u00e7ue ou que je fais une erreur. \u00c7a donne l&#039;impression de se dire\u00a0: \u00ab\u00a0C&#039;\u00e9tait difficile. J&#039;ai fait de mon mieux avec les connaissances que j&#039;avais \u00e0 ce moment-l\u00e0. Qu&#039;est-ce que je peux en tirer comme le\u00e7on\u00a0?\u00a0\u00bb<br>L\u2019auto-indulgence se r\u00e9sume plut\u00f4t \u00e0 : \u00ab Je veux ce que je veux quand je le veux, sans me soucier des cons\u00e9quences pour les autres, m\u00eame si ce n\u2019est pas dans mon int\u00e9r\u00eat \u00e0 long terme. \u00bb<br>Et l&#039;estime de soi est souvent li\u00e9e \u00e0 la performance : \u00ab Si je r\u00e9ussis et que je suis r\u00e9compens\u00e9 ou reconnu par les autres, alors je peux me sentir digne. \u00bb<br><br>Le probl\u00e8me, c&#039;est que la vie est complexe, que les r\u00e9sultats ne sont pas toujours sous notre contr\u00f4le, et que le fait de d\u00e9pendre des autres de notre estime de soi la rend tr\u00e8s fragile. J&#039;entends souvent des personnes de notre profession dire\u00a0: \u00ab\u00a0Si je ne suis pas exigeant envers moi-m\u00eame, je vais devenir paresseux ou je ne serai pas performant.\u00a0\u00bb Et je me demande toujours d&#039;o\u00f9 vient cette croyance, car c&#039;est une croyance acquise, et non inn\u00e9e. La bonne nouvelle, c&#039;est que ce qui a \u00e9t\u00e9 appris peut \u00eatre d\u00e9sappris et remplac\u00e9 par quelque chose de plus b\u00e9n\u00e9fique que n\u00e9faste.<\/p>\n\n\n\n<p>Voici un exercice qui peut rendre la diff\u00e9rence tr\u00e8s claire\u00a0:<br>Regardez une chaise vide (ou m\u00eame un coin du mur) et imaginez-y une personne qui vous est ch\u00e8re, quelqu&#039;un que vous souhaitez prot\u00e9ger. Imaginez maintenant lui parler comme vous vous parlez \u00e0 vous-m\u00eame les jours difficiles. La plupart des gens \u00e9prouvent imm\u00e9diatement une r\u00e9action de r\u00e9sistance\u00a0: \u00ab\u00a0Je ne lui parlerais jamais comme \u00e7a.\u00a0\u00bb<br><br>Ce moment est r\u00e9v\u00e9lateur, car il met en lumi\u00e8re le foss\u00e9 entre la compassion que nous offrons aux autres et la fa\u00e7on dont nous nous traitons nous-m\u00eames. L&#039;objectif n&#039;est pas de feindre une positivit\u00e9 excessive, mais de prendre conscience de cette habitude n\u00e9faste et d&#039;adopter une alternative plus bienveillante et r\u00e9aliste. Quelque chose d&#039;aussi simple que\u00a0: \u00ab\u00a0Je suis un \u00eatre humain. J&#039;essaie. Je peux en tirer des le\u00e7ons.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Brad :<\/strong> <em>Vous avez tellement raison. La m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire est une profession qui exige de la compassion. Nous entrons souvent dans une salle d&#039;examen et nous nous occupons de personnes tr\u00e8s vuln\u00e9rables. Nous faisons preuve de compassion envers le client, et pourtant, une demi-heure plus tard, nous sommes en proie \u00e0 une haine f\u00e9roce envers nous-m\u00eames, rong\u00e9s par les \u00e9v\u00e9nements de la journ\u00e9e. Pourquoi est-ce si fr\u00e9quent en m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire\u00a0? Ou pensez-vous que nous sommes souvent incapables de retourner cette compassion que nous offrons vers les autres et de la laisser nous envahir\u00a0?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Docteur Jen :<\/strong> Je pense que c&#039;est fr\u00e9quent dans les professions de soins, et particuli\u00e8rement dans les cultures d&#039;entreprise qui valorisent l&#039;abn\u00e9gation, la force mentale et la pers\u00e9v\u00e9rance \u00e0 toute \u00e9preuve. C&#039;est \u00e9galement tr\u00e8s courant chez les personnes perfectionnistes.<br><br>Et puis, il y a l&#039;influence de l&#039;exemple donn\u00e9 d\u00e8s le plus jeune \u00e2ge. On peut enseigner \u00e0 un enfant\u00a0: \u00ab\u00a0Sois gentil avec les autres\u00a0\u00bb, et il peut sinc\u00e8rement int\u00e9grer cette valeur. Mais s&#039;il voit r\u00e9guli\u00e8rement un parent se montrer cruel envers lui-m\u00eame \u2013 en se traitant de stupide, en jugeant son physique, en culpabilisant de ses propres erreurs \u2013, l&#039;enfant apprend aussi autre chose\u00a0: la compassion est r\u00e9serv\u00e9e aux autres, pas \u00e0 soi-m\u00eame. Avec le temps, c&#039;est souvent le comportement observ\u00e9 qui reste.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Brad :<\/strong> <em>Dans vos conf\u00e9rences sur ce sujet, vous mentionnez souvent Kristin Neff, docteure en philosophie, qui dirige un laboratoire de recherche sur l&#039;autocompassion. Elle a mis au point un programme de formation valid\u00e9 empiriquement, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Mindful Self-Compassion\u00a0\u00bb, et a cofond\u00e9 l&#039;association \u00e0 but non lucratif Center for Mindful Self-Compassion.<\/em><br><br><em>Le Dr Neff explique que l&#039;autocompassion comporte trois \u00e9l\u00e9ments. Le premier est la bienveillance envers soi-m\u00eame, sur laquelle nous nous sommes concentr\u00e9s jusqu&#039;ici. Le deuxi\u00e8me est la reconnaissance de notre humanit\u00e9 commune\u00a0: le fait de reconna\u00eetre que les sentiments d&#039;inad\u00e9quation font partie de la condition humaine et ne constituent pas un ph\u00e9nom\u00e8ne exclusivement individuel. Cette reconnaissance peut contribuer \u00e0 cultiver l&#039;autocompassion.<br>Et le troisi\u00e8me point, c&#039;est la pleine conscience\u00a0: ne pas s&#039;identifier excessivement \u00e0 la pens\u00e9e n\u00e9gative qui nous traverse l&#039;esprit. Je ne suis pas la pens\u00e9e que j&#039;ai \u00e0 mon sujet, je suis distinct de mes pens\u00e9es. Et c&#039;est beaucoup plus difficile, n&#039;est-ce pas, pour certaines personnes\u00a0?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Docteur Jen :<\/strong> Absolument \u2014 et il y a beaucoup de complexit\u00e9 derri\u00e8re ce discours int\u00e9rieur s\u00e9v\u00e8re. D&#039;abord, les humains ont un biais de n\u00e9gativit\u00e9. Notre cerveau est programm\u00e9 pour rep\u00e9rer ce qui ne va pas, ce qui est risqu\u00e9, ce qui pourrait mal tourner \u2014 car c&#039;est ainsi que nous avons surv\u00e9cu.<br><br>Le d\u00e9veloppement pr\u00e9coce peut ajouter une dimension suppl\u00e9mentaire. Durant l&#039;enfance, nous avons naturellement tendance \u00e0 donner du sens au monde de mani\u00e8re tr\u00e8s \u00e9gocentrique. Si quelque chose tourne mal, le cerveau d&#039;un enfant conclut souvent\u00a0: \u00ab\u00a0C&#039;est forc\u00e9ment de ma faute.\u00a0\u00bb Avec le temps, ces croyances peuvent devenir des habitudes\u00a0: \u00ab\u00a0Je ne suis pas \u00e0 la hauteur. Je ne suis pas digne d&#039;\u00eatre aim\u00e9. Je ne suis en s\u00e9curit\u00e9 que si je suis parfait.\u00a0\u00bb<br>Nombreux sont ceux qui tentent de g\u00e9rer leur peur ou leur malaise par le contr\u00f4le\u00a0: \u00ab\u00a0Si je suis suffisamment exigeant envers moi-m\u00eame, je peux emp\u00eacher les mauvaises choses d\u2019arriver.\u00a0\u00bb Cette voix int\u00e9rieure critique peut d\u2019abord servir de m\u00e9canisme de protection, mais devenir de plus en plus n\u00e9faste avec le temps. Et pour beaucoup, elle est tellement automatique qu\u2019ils n\u2019en ont m\u00eame pas conscience.<\/p>\n\n\n\n<p>Dr Brad : Et pourtant, nous savons, intuitivement, que nous voulons arriver au travail et donner le meilleur de nous-m\u00eames \u2013 \u00eatre les meilleurs v\u00e9t\u00e9rinaires possibles. Cela repose en grande partie sur les connaissances, bien s\u00fbr, mais il y a aussi tout un autre aspect : prendre soin de soi pour pouvoir \u00eatre pr\u00e9sent pour les autres et ne pas \u00eatre compl\u00e8tement d\u00e9bord\u00e9 (comme j&#039;aime parfois me d\u00e9crire).<br>Je pense qu&#039;il est important pour nous, v\u00e9t\u00e9rinaires, de comprendre que cultiver la bienveillance envers soi-m\u00eame fait de nous de meilleurs praticiens. Pourriez-vous d\u00e9velopper ce point, notamment en ce qui concerne la prise de d\u00e9cision sous pression et les moyens de pr\u00e9venir l&#039;\u00e9puisement professionnel ou l&#039;autodestruction\u00a0?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Docteur Jen :<\/strong> Je dis parfois que c&#039;est un vrai bazar, alors je comprends ! Et oui, l&#039;autocompassion favorise la performance, pas l&#039;inverse. Beaucoup d&#039;entre nous d\u00e9finissent \u00ab \u00eatre le meilleur \u00bb comme une liste de crit\u00e8res : aucune erreur, des r\u00e9sultats parfaits, des clients toujours satisfaits, toujours avoir la bonne r\u00e9ponse. Mais une grande partie de cela \u00e9chappe \u00e0 notre contr\u00f4le : la m\u00e9decine est complexe, les clients sont humains, les syst\u00e8mes ont leurs limites.<br><br>Ce que nous <em>ne le faites pas<\/em> J&#039;entends souvent dire : \u00ab \u00catre le meilleur, c&#039;est aussi savoir se comporter sous pression. \u00bb Parce que lorsque je suis bloqu\u00e9 dans une logique du tout ou rien\u2026<em>Tout est bon ou tout est mauvais<\/em>\u2014Mon syst\u00e8me nerveux est plus actif, ma pens\u00e9e se r\u00e9tr\u00e9cit et ma prise de d\u00e9cision devient plus rigide.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019autocompassion nous aide \u00e0 retrouver une perspective \u00e9quilibr\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est difficile, mais je peux rester pr\u00e9sent. Je peux penser clairement. Je peux apprendre.\u00a0\u00bb Cet \u00e9quilibre favorise un meilleur jugement, une meilleure communication et un meilleur r\u00e9tablissement apr\u00e8s une \u00e9preuve difficile.<br><br>Il y a aussi un effet d&#039;entra\u00eenement. Au sein des \u00e9quipes et dans les formations, on pr\u00f4ne souvent des valeurs comme \u00ab\u00a0apprendre de ses erreurs\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0se soutenir mutuellement\u00a0\u00bb. Mais si, au quotidien, on privil\u00e9gie le bl\u00e2me, la honte ou une autocritique s\u00e9v\u00e8re, ces comportements finissent par s&#039;ancrer. L&#039;autocompassion n&#039;est pas qu&#039;une affaire personnelle\u00a0: elle peut fa\u00e7onner la culture d&#039;entreprise. En la pratiquant, on est plus enclin \u00e0 faire preuve de curiosit\u00e9, d&#039;honn\u00eatet\u00e9 et de responsabilit\u00e9 sans humiliation, ce qui renforce la confiance et la s\u00e9curit\u00e9 psychologique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Brad :<\/strong> <em>Nous en avons parl\u00e9 dans notre premier segment sur la d\u00e9finition des limites, mais il me semble opportun de passer maintenant \u00e0 la catastrophisation. \u00c0 mon avis, la catastrophisation est \u00e9troitement li\u00e9e au perfectionnisme, car si je me suis fix\u00e9 comme objectif de ne jamais commettre la moindre erreur, alors lorsque j&#039;en commets in\u00e9vitablement, cela influence aussi mon discours int\u00e9rieur, n&#039;est-ce pas\u00a0? On se dit alors\u00a0: \u00ab\u00a0J&#039;ai fait cette erreur, donc je suis [ins\u00e9rer ici une id\u00e9e terrible].\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Docteur Jen :<\/strong> Exactement. Et quand on prononce le mot \u00ab catastrophisme \u00bb, la plupart des gens le reconnaissent imm\u00e9diatement. Nous avons probablement tous v\u00e9cu une forme ou une autre de :<br>\u00ab Si je fais cette erreur, les gens vont se moquer de moi. Je vais rater mes \u00e9tudes ou perdre mon travail. Je ne retrouverai jamais de travail. Je perdrai mes amis. Je finirai \u00e0 la rue et je mourrai seul. \u00bb<br>Lorsque nous entendons ce flux de conscience \u00e0 voix haute, cela para\u00eet extr\u00eame, mais il s&#039;agit d&#039;un sch\u00e9ma tr\u00e8s r\u00e9el que le cerveau peut d\u00e9velopper pour tenter de nous prot\u00e9ger et d&#039;\u00e9viter des cons\u00e9quences n\u00e9gatives.<\/p>\n\n\n\n<p>Le probl\u00e8me, c&#039;est que la tendance \u00e0 dramatiser restreint nos options. Elle nous pousse en mode menace, o\u00f9 nous nous focalisons sur ce qui pourrait mal tourner et ignorons des outils importants comme l&#039;auto-compassion, la vuln\u00e9rabilit\u00e9, la demande de soutien et la v\u00e9rification de la r\u00e9alit\u00e9 quant au sc\u00e9nario que notre cerveau se construit.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Brad :<\/strong> <em>Et bien s\u00fbr, tout ce dont nous avons parl\u00e9 est g\u00e9n\u00e9ralement renforc\u00e9 par les normes culturelles qui ont pr\u00e9valu par le pass\u00e9. C&#039;est pourquoi, en travaillant sur ce sujet individuellement et, esp\u00e9rons-le, collectivement, nous pourrons peut-\u00eatre y parvenir en tant que profession.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Docteur Jen :<\/strong> Parmi les moments les plus marquants que j&#039;ai v\u00e9cus en m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire, il y a ceux o\u00f9 un professionnel respect\u00e9 reconna\u00eet ouvertement son humanit\u00e9. Quand ces histoires vraies sont partag\u00e9es, on pourrait entendre une mouche voler.<br>Je me souviens d&#039;une s\u00e9ance d&#039;orientation o\u00f9 une responsable de l&#039;universit\u00e9 s&#039;est pr\u00e9sent\u00e9e et a partag\u00e9 deux anecdotes personnelles\u00a0: elle adorait les poules et elle n&#039;avait pas r\u00e9ussi ses examens du premier coup. On sentait presque la tension se dissiper dans la salle. Apr\u00e8s, les \u00e9tudiants n&#039;arr\u00eataient pas de dire\u00a0: \u00ab\u00a0Attendez\u2026 on peut r\u00e9ussir m\u00eame si on n&#039;est pas parfait du premier coup\u00a0?\u00a0\u00bb Un immense sentiment de soulagement, d&#039;espoir et de connexion s&#039;est alors cr\u00e9\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Il en va de m\u00eame lorsque des intervenants parlent honn\u00eatement d&#039;une erreur m\u00e9dicale qu&#039;ils ont commise et des le\u00e7ons qu&#039;ils en ont tir\u00e9es. Ils poursuivent leur carri\u00e8re. Ils aiment toujours leur travail. Ils ont m\u00eame enseign\u00e9 \u00e0 d&#039;innombrables personnes comment \u00e9viter de reproduire cette erreur. Dans une culture de la honte et du bl\u00e2me, nous avons tendance \u00e0 ne pas percevoir ces histoires sous cet angle. Mais lorsque nous <em>faire<\/em> Les entendre humanise l\u2019\u00ab expert \u00bb et encourage chacun \u00e0 continuer d\u2019apprendre. Je pense qu\u2019il nous faut davantage d\u2019espace pour cela, car cela modifie notre perception du possible.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Brad :<\/strong> <em>Absolument. J&#039;ai 44 ans maintenant. La beaut\u00e9 de la vie r\u00e9side dans toute sa complexit\u00e9, dans la r\u00e9silience qui se forge au fil du temps gr\u00e2ce aux \u00e9preuves du pass\u00e9. Cette humanit\u00e9 partag\u00e9e est un sentiment universel, cette vuln\u00e9rabilit\u00e9 qui nous pousse \u00e0 dire simplement : \u00ab Oui, je ne suis pas parfait(e), certaines choses ne se sont pas pass\u00e9es comme je l&#039;esp\u00e9rais, et pourtant, me voil\u00e0, debout, vivant mon r\u00eave. \u00bb Voil\u00e0, \u00e0 mon sens, la beaut\u00e9 de la vie.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Docteur Jen :<\/strong> Oh l\u00e0 l\u00e0, pareil ! J&#039;adore partager mes erreurs, souvent avec une pointe d&#039;humour. Parce qu&#039;avec le temps et la distance, on d\u00e9couvre ce qui \u00e9tait si profond\u00e9ment humain et si proche de ce qu&#039;on a v\u00e9cu. Sur le coup, \u00e7a ne fait pas rire, mais plus tard ? Parfois, \u00e7a l&#039;est vraiment.<br>J&#039;ai particip\u00e9 \u00e0 des conversations o\u00f9, au lieu de rivaliser de r\u00e9ussites, les gens partageaient leurs \u00ab meilleures erreurs \u00bb. Du genre\u00a0: \u00ab\u00a0Oh, j&#039;en ai une sacr\u00e9e \u00e0 te raconter\u2026\u00a0\u00bb Et la pi\u00e8ce r\u00e9sonnait de rires et de soulagement. Ce soulagement est important, car il nous rappelle que nous ne sommes pas seuls. \u00catre humain, c&#039;est aussi \u00e7a. Et c&#039;est dans ces moments-l\u00e0 que je me sens le plus proche des autres, et que je me sens pleinement partie int\u00e9grante de cette chose qu&#039;on appelle la vie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Brad :<\/strong> <em>Absolument. J&#039;aimerais r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la mani\u00e8re dont, lorsque nous atteignons un niveau d&#039;autocompassion individuel, nous nous \u00e9panouissons. Encore une fois, c&#039;est un processus qui dure toute la vie\u00a0; on ne peut pas cocher cinq cases et devenir soudainement bienveillant envers soi-m\u00eame, n&#039;est-ce pas\u00a0? G\u00e9n\u00e9ralement, on avance de deux pas, on recule d&#039;un, si tout va bien, mais lorsque le r\u00e9sultat est une progression sur cette trajectoire, quels en sont les fruits\u00a0?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Docteur Jen :<\/strong> Tout d&#039;abord, j&#039;appr\u00e9cie que vous ayez parl\u00e9 de processus, car c&#039;en est un. Ce n&#039;est pas quelque chose que l&#039;on \u00ab\u00a0atteint\u00a0\u00bb et avec lequel on n&#039;a plus jamais \u00e0 se battre.<br>Avec le temps, la bienveillance envers soi-m\u00eame peut att\u00e9nuer les pens\u00e9es perfectionnistes et adoucir cette critique int\u00e9rieure impitoyable. Et lorsque ces barri\u00e8res s&#039;estompent, on acc\u00e8de davantage \u00e0 la curiosit\u00e9, \u00e0 la vuln\u00e9rabilit\u00e9 et \u00e0 une v\u00e9ritable \u00e9coute \u2013 de soi-m\u00eame et des autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela favorise \u00e9galement une meilleure prise de d\u00e9cision sous pression. Lorsque l&#039;objectif principal est de \u00ab ne pas se tromper \u00bb, on est souvent plus agit\u00e9 et, paradoxalement, plus susceptible de passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de quelque chose. En revanche, lorsque l&#039;objectif devient \u00ab Je vais faire de mon mieux, et si quelque chose tourne mal, je peux r\u00e9agir, apprendre et obtenir de l&#039;aide \u00bb, la panique diminue et la clart\u00e9 s&#039;accro\u00eet. Et oui, la qualit\u00e9 de vie s&#039;am\u00e9liore, au travail comme \u00e0 la maison.<\/p>\n\n\n\n<p>Au sein de l&#039;\u00e9quipe, l&#039;auto-compassion favorise la s\u00e9curit\u00e9 psychologique et la confiance. Lorsque les individus n&#039;ont pas peur d&#039;\u00eatre humili\u00e9s, jug\u00e9s et punis, ils sont plus enclins \u00e0 s&#039;exprimer, \u00e0 poser des questions et \u00e0 apprendre.<strong>Dr Brad :<\/strong><em>Merci, Dr Brandt, de vous joindre \u00e0 moi pour cette discussion.<\/em>.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voici le deuxi\u00e8me \u00e9pisode d&#039;une s\u00e9rie en trois parties sur la sant\u00e9 mentale en m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire, extraite du podcast Tails from the Lab, anim\u00e9 par Brad Ryan (MSc, DVM, MPH), v\u00e9t\u00e9rinaire responsable des services professionnels chez Antech, en conversation avec Jen Brandt (LISW-S, PhD), directrice des initiatives de bien-\u00eatre des membres \u00e0 l&#039;AVMA. 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